1928 – 2018, Lille
L’oeuvre de Pierre Olivier se situe à mi chemin entre figuration et abstraction, engagement et introspection.
Formé à l’École des beaux-arts de Lille à partir de 1946, il débute comme dessinateur textile à Paris avant de se consacrer pleinement à la peinture, exposant dès 1953. Sa rencontre avec Roberto Matta en 1954 l’oriente vers une pratique non figurative fondée sur l’automatisme et le surgissement des formes.
Issu d’un milieu ouvrier, il développe dans les années 1950 une peinture à dimension sociale et politique, tout en refusant toute instrumentalisation idéologique de l’art. Lauréat du prix de la Casa de Velázquez, il séjourne à Madrid de 1956 à 1957, où la lumière et la couleur marquent durablement son travail.
De retour à Lille, il participe activement à la création de l’Atelier de la Monnaie, fondé en réaction à l’académisme des Beaux-Arts, et en est l’un des membres fondateurs et le président de 1958 à 1962. À partir des années 1960, son œuvre s’oriente vers la nature, notamment l’arbre et le ciel, au cœur des séries des Batailles, des Arbres et des Trouées, où la figure humaine s’efface au profit de structures arborescentes et de jeux de lumière.
Sa peinture repose sur un équilibre entre hasard et volonté, accordant une place centrale à la matière, aux papiers et aux chiffons d’atelier. Travaillant toujours par séries, jusqu’à épuisement du sujet, il développe une œuvre libre et continue, guidée par l’émotion, la recherche de la lumière et un profond attachement à la liberté artistique.





















